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Bureau de presse

Athènes, 20-21 Fevrier 2020

Allocution de bienvenu du Président du Parlement Hellénique à la 14eme Session plénière de l’Assemblée Parlementaire de la Méditerranée.

14ème SESSION PLÉNIÈRE DE L’ASSEMBLÉE PARLEMENTAIRE DE LA MÉDITERRANÉE / 19 – 21 février 2020, Athènes, Grèce.

Allocution de bienvenue de M. Constantine An. Tassoulas, Président du Parlement Hellénique.

Honorable Madame la Présidente de l’Assemblée,  Monsieur le Secrétaire Général,

Chers Collègues et  invités distingués,

J’ai le grand plaisir de vous accueillir aujourd’hui, à Athènes, au cœur de la Méditerranée. Votre Assemblée, à la création de laquelle mon pays a joué un rôle primordial, constitue un forum très important de dialogue parlementaire sur des questions majeures du bassin méditerranéen.

L’historien Fernand Braudel, considérait la Méditerranée comme un espace unique, un ensemble complexe qui, grâce à sa diversité, sa « vie magnifique et troublée » et « sa grande richesse humaine », a été l’environnement historique de fermentation culturelle. Sur ses rives se sont croisés la civilisation grecque, romaine, byzantine, occidentale  et orientale. Les pays méditerranéens, conservant leur identité nationale, participent d’une manière merveilleuse à la création culturelle de la Méditerranée, ayant comme référence commune la mer et la lumière qui la baigne. Un grand poète grec lauréat du prix Nobel, Odysséas Elytis, disait que, souvent la lumière dans cette région-là, non seulement baigne la terre mais elle la fait disparaître.

Malheureusement, la coexistence des mondes occidental et oriental dans la Méditerranée, n’a pas toujours permis d’éviter les différences qui séparent les deux civilisations. Des divisions au nom d’un séparatisme religieux ou national, ont conduit aux rivalités qui ont produit de conflits militaires, de guerres civiles,  d’affrontements violents et agitations. Mais les épées et les fusils parlent le langage de leur horreur sanglante. Face à cette horreur, nous devons,  nous tous, femmes et hommes parlementaires, de confronter nos idées et nos actions. Les parlements, à savoir la représentativité, l’ultime point de la sagesse humaine, l'ultimum sapientiae, l’action politique contre la violence est la seule réponse qui s’impose.

Mesdames et messieurs,

Nous vivons dans des temps difficiles.  Les questions que votre Assemblée aborde ne sont pas seulement régionales mais ce sont les questions principalement mondiales de notre époque. La lutte antiterroriste, la gestion des flux migratoires, le  changement climatique, le respect des droits de l’homme sont les grandes questions universelles de nos jours.

La question de la gestion de l’immigration est une priorité majeure pour l'UE et pour mon pays, qui est touchée lourdement par les flux de réfugiés. Nous soulignons l'importance d'une coordination efficace des pays au long des routes méditerranéennes ainsi que la nécessité d'une mise en œuvre de la déclaration commune entre l’UE et la Turquie du 18 mars 2016. La question de l’immigration nécessite une réponse globale, axée sur le sauvetage de vies humaines en danger, sur la lutte contre les causes originelles et sur la protection  adéquate de ceux qui en ont besoin. Tous les pays concernés -pays d'origine, de transit et de destination, ainsi que les organisations internationales- doivent travailler ensemble pour prévenir la traite des êtres humains et lutter contre l'exploitation de la souffrance humaine.

La Grèce, comme les autres pays d'entrée, ne peut et ne doit pas supporter seule la charge des flux migratoires massifs. L'UE doit adopter de nouvelles règles communes pour les demandeurs d'asile. Il y a besoin de soutenir les pays d'origine et de transit, d’une gestion commune des frontières européennes, du partage commun des flux, d’un programme convaincant de retour pour ceux qui n’ont pas droit à l'asile,  et éventuellement, il faudra adopter des canaux de migration légale vers l’UE en fonction de certaines compétences ou de besoins de la main-d'œuvre.

Je voudrais saisir cette occasion pour féliciter votre Assemblée pour le travail qu'elle réalise afin d’atteindre les objectifs du Pacte mondial pour les migrations, car ce pacte reflète un cadre politique important de coopération internationale sans être juridiquement contraignant, respecte la souveraineté nationale et les règles de droit et essaie de protéger les enfants et les femmes.

Le changement climatique est un défi vital, une menace existentielle pour l'humanité. Si nous ne le traitons pas immédiatement, si nous ne protégeons pas notre environnement naturel, nous serons privés du cadre dans lequel nous vivons le mythe de notre vie, le considérant comme donné et intouchable.

Etant donné que la Méditerranée est une région de plus vulnérables aux répercussions du changement climatique, la Grèce adopte une stratégie nationale compétente, soutient l’accord de Paris, mais aussi l’accord Européen Vert, cette vision stratégique et ambitieuse à long terme, pour une Europe qui n’alourdira plus le climat jusqu'à 2050.

Les résultats médiocres de COP25 ne doivent pas nous décourager. Vous, en votre qualité de membres de parlements méditerranéens et de l’APM, devez continuer travailler fermement pour atteindre l’objectif d’une économie méditerranéenne  bleue, verte et circulaire, vous devrez devenir le moteur pour une transition verte qui sera durable, équitable et équilibré. Le récent avertissement du Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, selon lequel le monde doit se préparer à une forte augmentation du nombre de réfugiés en raison du changement climatique, nous montre l'ampleur des défis face auxquels nous nous trouvons.

Mesdames et messieurs,

Les dernières évolutions dans la région sont préoccupantes. Je voudrais souligner, par cette tribune ici, que la Grèce reste fermement attachée au principe des relations de bon voisinage avec tous ses pays-voisins.

Cependant, aucun progrès tangible dans les relations entre pays voisins ne peut être réalisé sans le plein respect du droit international, y compris du droit de la mer, ainsi que des traités internationaux.

Des actions qui remettent constamment en cause la souveraineté et les droits souverains de la Grèce sapent le principe des relations de bon voisinage, violent le droit international et entravent gravement les efforts vers une relation mutuellement bénéfique.

Les mémorandums signés entre la Turquie et la Libye sont nuls et non avenus, ne peuvent pas produire aucun effet juridique, tout en menaçant la paix et la stabilité en Méditerranée orientale.  La Grèce fait face aux défis de l'époque avec confiance et détermination. Nous sommes un pays aux frontières de l'Occident et nous recherchons la stabilité et la sécurité dans toute la région, sur la base du droit international, des relations de bon voisinage, du dialogue et de la coopération, et nous travaillerons de toutes nos forces dans cette direction.

Chers parlementaires,

Il est extrêmement désagréable que notre région soit un théâtre de haine et de passion. A l'ère de la 4ème révolution industrielle, dans un monde qui évolue à un rythme vertigineux, les peuples de la méditerranée ne doivent pas rester attachés au passé.

La 4ème révolution industrielle est en train de changer notre façon de vivre, de travailler, de communiquer. Notre ère est d'un intérêt troublant. Nous sommes déjà dans la prochaine étape de l’évolution.

Le monde de demain, la grande image de notre avenir semble incompréhensible et suscite l'incertitude. La forme du nouveau monde produira un écart énorme entre ceux qui y entreront et ceux qui resteront derrière. Les changements à venir remettront en question des principes fondamentaux, les éléments génétiques de notre conception, de l'espèce et de la nature de l'homme. C'est le nouveau monde de la biotechnologie, qui change radicalement nos hypothèses anthropologiques.

Alors, comment répondre à tous ces problèmes du nouveau monde? Comment l'homme sera-t-il dans ce nouveau monde? Comme l'a écrit, à juste titre, le grand écrivain Yuval Noah Harari, «toutes les nations vivent aujourd'hui sur les rives d'un fleuve mondial d'information, de découvertes scientifiques et d'innovations technologiques, qui est la base de la prospérité mais, en même temps, une menace pour notre existence. Pour contrôler ce fleuve mondial, toutes les nations doivent travailler ensemble.

Notre devoir est d'insister sur la coopération, les défis du 21ème siècle sont de nature universelle et ne peuvent être résolus par une seule nation. En tant qu'hommes politiques, nous devons défendre les principes et les valeurs de la démocratie libérale, l'État de droit, les droits humains. Nous devrons organiser une légalité internationale applicable, protéger la nature humaine des menaces de la technologie et de la biotechnologie, adapter nos systèmes juridiques et éducatifs aux nouvelles conditions,  réduire les inégalités, combattre la pauvreté et l'exclusion, protéger la nature et l'environnement.

Chers Amies et amis,

Avec ces pensées, ayant foi en la puissance et la clarté de l'esprit humain et croyant que nous pouvons conduire le cours de l'histoire, je déclare ouverte la séance de votre  plénière et vous souhaite un travail fructueux.

 


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